Fiche technique sur le numèèa

 

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aLa fille du mont Dore a
Nouvelle-Calédonie, Goro, 1962, Philippe Betoe, André-Georges Haudricourt

Cette belle légende a été enregistrée en 1962 par André G. Haudricourt auprès de Philippe Bétoé, de l'île Ouen. Sa transcription et sa traduction ont été établies à partir des notes d'Haudricourt et de l'enregistrement présenté ici, dont un passage est devenu quasi inaudible. Juste après la phrase 92, deux minutes trente de cette narration ont donc été retranchées. Heureusement, ce passage consiste en répétitions de la même scène (appels de l'héroïne en direction de ses deux visiteurs de l'île des Pins). Sa suppression ne gêne pas la compréhension et n'altère pas la qualité de l'ensemble du texte.
[résumé] Deux hommes de l'île des Pins viennent en pirogue pour demander la main de la fille du Mont Dore. Cette union inaugurera, disent-ils, une ère d'échanges et de visites entre les deux chefferies alliées... Hélas ! l'entreprise tourne au désastre avant même que la fille du Mont Dore n'ait quitté les rivages de la Grande Terre. Tant dans son voisinage que dans l'entourage de son mari, obstacles et agressions surgissent qui empêchent cette union d'aboutir.

aLe rat, la poule sultane et le poulpe a
Nouvelle-Calédonie, Goro, 1962, Charles Atiti, André-Georges Haudricourt

Cette histoire a été racontée par Charles Atiti, à Goro, en 1962. Enregistrée par André G. Haudricourt, elle a été transcrite et traduite à Paris par J.C. Rivierre avec l'aide d'Isaac Vendégou, puis revue récemment avec le concours de Clément Vendégou. Les péripéties de cette histoire célèbre se situent ici à Maré et à Tiga, comme si, pour le conteur, l'histoire faisait partie du folklore des Loyauté. Dans cette version, la morale de cette "légende" est clairement réaffirmée : le rat sauve la vie de la poule sultane qui, sans plus attendre, l'abandonne sur place. Le poulpe sauve à son tour le rat, lequel n'a que moqueries pour son aspect physique. Décidément, dans le domaine de l'entraide, il n'est pas recommandé d'en faire trop...

aHistoire des Angwèrèrè
Nouvelle-Calédonie, Goro, 1966, Roch Angwèrèrè, Jean-Claude Rivierre

L'histoire des Angwèrèrè a été racontée à Goro, en 1966, par Roch Angwèrèrè. L'histoire mouvementée de ce lignage, chassé du Mont Dore au début de la colonisation, met aussi en scène des clans de l'île Ouen, de l'île des Pins et de Goro. Le narrateur rappelle, en présence du chef Charles Atiti, les circonstances de son arrivée à Goro, d'où découlent son rôle et son statut au sein de la société locale. L'histoire révèle de façon exemplaire les stratégies, changements de statuts et mécanismes d'accueil qui entrent en jeu lors de ces déplacements, forcés ou volontaires, d'un clan vers de nouveaux terroirs.

aKetiware et la fille de Goro
Nouvelle-Calédonie, Goro, 1966, Roch Angwèrèrè, Jean-Claude Rivierre

Rappelons que cette chefferie de Lifou est fortement représentée dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, plus particulièrement par les Vendégou devenus chefs de l'île des Pins voici plusieurs siècles (cf. le texte "La venue des Vendégou à l'île des Pins"). Cette histoire – qui doit être comprise dans le cadre de ces relations – a été racontée à Goro en 1966 par Roch Angwèrèrè. Elle est bien connue dans le sud de la Grande Terre et il en existe plusieurs versions recueillies dans les deux langues de l'aire Drubea-Kapone.
[résumé] La renommée de Kétiwaré, chef de Lifou, attire des prétendantes venues des Loyauté et de la Grande Terre. Mais approcher ce héros s'avère un parcours semé d'obstacles puisque, vivant dans un banian sous l'apparence d'un serpent ("tricot rayé"), il ne se manifeste que pour terrifier celles qui viennent le visiter. Seule la jeune fille venue de Goro dispose des connaissances et des appuis qui lui permettent de circonvenir Kétiwaré.

aLa guerre des Droji et des Draame
Nouvelle-Calédonie, Goro, 1966, Apollonie Womwâ, Jean-Claude Rivierre

Ce bref récit est une bonne illustration des nguma racontés dans l'extrême sud de la Grande Terre. La plupart de ces textes se rapportent aux conflits interclaniques qui ont précédé et accompagné, au XIXe siècle, les débuts de la colonisation. Sont évoqués en particulier les guerres du chef A-Draamê, ses défis lancés en direction de la chefferie de Païta, ou, comme ici, ses démêlés avec ses voisins de la côte sud-est. L'éparpillement des Droji installés autrefois dans la région d'Unya est raconté ici par une descendante de ce clan. Dans ce récit, en dialecte de l'île Ouen, enregistré à Goro en 1966, la narratrice (Apollonie Womwâ) s'en tient à l'essentiel et n'évoque que de façon très allusive, vers la fin de l'histoire, le rôle joué par la chefferie de l'île des Pins dans l'anéantissement d'une partie de son clan.

aLe faucon de l'île de Ouen a
Nouvelle-Calédonie, Goro, 1966, Apollonie Womwâ, Jean-Claude Rivierre

L'histoire du faucon de l'île Ouen a été racontée en 1966 par Apollonie Womwâ, alors que cette locutrice de l'île Ouen séjournait à Goro avec son époux, le chef Antoine Waparè Wêrê. La narratrice donne une version quelque peu abrégée de cette histoire d'ordinaire plus circonstanciée, déjà recueillie sous une forme similaire en plusieurs endroits de la côte est de la Grande Terre.
[résumé] L'oiseau "Lève-queue" (Rhipidura spilodera verreauxi), auxiliaire de la chefferie, aide le faucon (Falco peregrinus nesiotes), l'habitant des sommets, à récupérer ses biens volés lors d'une incursion venue de la mer. Ici "Faucon de la montagne au faux manguier (Cerbera)" est victime de Wakôdo, génie tutélaire du lieu-dit Jokuru, récif situé au large de l'île Ouen, dans la direction de l'île des Pins. Wakôdo, serait dit-on, parfois visible sous la forme d'une requin qui porte chance lorsqu'il précède la pirogue, mais annonciateur de malheurs lorsqu'il la suit. L'exploit de l'oiseau "Lève-queue" lui vaut d'être distingué maintenant parmi la gent ailée. L'incendie de la case de l'agresseur serait, dit-on, à l'origine des brumes souvent visibles au-dessus du récif de Jokuru...

aLa venue des Vendegou à l'île des Pins
Nouvelle-Calédonie, Touaourou, 1966, Alexis Vendegou, Jean-Claude Rivierre

Ce récit de l'arrivée des Vendégou à l'île des Pins a été raconté à Touaourou, en 1966, par Alexis Vendégou, aîné de la branche de ce clan établie dans le sud-est de la Grande Terre. Le narrateur rappelle quelques faits essentiels concernant la chefferie de l'île des Pins, dont on sait, depuis l'ouvrage du Père Lambert [Lambert P., Moeurs et superstitions des Néo-Calédoniens, Nouméa, Nouvelle Imprimerie Nouméenne, 1900, 367 p., 65 gravures], qu'elle fut fondée par Pilé Kétiwaré et ses compagnons venus en pirogue depuis Lifou. Le récit présente une relation de cette arrivée spectaculaire et des premiers succès de ces nouveaux venus, notamment leur victoire dans un concours de surf qui se déroulait au moment de leur arrivée. L'apparentement du nom des Vendégou avec celui d'un lignage chef de Mou (Lifou) vient étayer, selon le narrateur, la véracité de cette tradition. Toutefois, plus encore que dans le récit du Père Lambert, l'accent est mis sur l'aspect physique et la beauté des visiteurs, sur le fait qu'ils formaient "un peuple à part" qui intrigua et séduisit leurs hôtes.

aLe fils de l'Aigle pêcheur
Nouvelle-Calédonie, Touaourou, 1966, Marguerite Ati, Jean-Claude Rivierre

Cette histoire appartient à la thématique de l'enfant "conçu dans la brousse", richement illustrée dans la littérature orale néo-calédonienne. Plusieurs exemples de ce genre d'histoires figurent dans le recueil Histoires canaques [Bensa A. et Rivierre J.-C. : Histoires canaques, Paris, CILF ("Fleuve et Flamme", textes bilingues), 1983, 159 p.] consacré aux textes oraux du centre nord de la Grande Terre. Dans ces histoires, l'enfant issu du monde naturel ne tarde pas à regagner la brousse ou, comme ici, à rejoindre par le suicide le monde des morts, après s'être dépouillé de ses parures et de ses armes. Comme si l'alliance hors normes et le défi aux règles sociales ne pouvaient qu'être sanctionnés de la manière la plus tragique.
[résumé] Une femme de l'intérieur des terres se rend un jour au bord de mer, d'où lui parvient un bruit dont elle ne comprend pas l'origine. Sur le rivage, elle consomme un poisson pêché par un aigle puis tombe enceinte et donne le jour à un garçon. Bientôt l'enfant est accablé de ses reproches et de ses insultes pour avoir transgressé ses interdits. Leur dispute et leur désespoir les conduisent jusqu'à la mort.