Fiche technique sur le wara

 

Tous les contes, rituels et récits parlés-chantés de ce corpus ont été transcrits, glosés et traduits sur carnets de terrain mais ceux-ci ne sont pas encore numérisés.

Le groupe austroasiatique au Nord-Ouest de l'aire, généralement appelé khasian ou khasic est en fait un groupe qu'il convient de classer comme pnaric-war-lyngam (PWL), voir Daladier (2011) et Daladier (2015). Le Meghalaya a servi de terre de refuge à ce groupe aux environs du 15ème siècle après les conquêtes des royaumes Tai Ahom en Assam et Moghol au Bengladesh. Les wars et les lyngams ont rejoint le Meghalaya plus tardivement, souvent en alliance avec des pnars sur leurs terressur d'anciennes terres pnars. Ce groupe s'est réunifié en subissant l'influence du khasi à la suite de la colonisation britannique, le khasi standard oral et écrit ayant été imposé comme langue de scolarisation et d'évangélisation pour l'ensemble des populations des quatre langues du groupe. L'état du Meghalaya a deux constitutions : l'une khasi et l'autre garo et la langue commune est l'anglais. Tous les locuteurs wars, pnars et Lyngam parlent khasi. Le khasi est en fait un dialecte tardif du pnar, voir Daladier (2011).
Le khasi met en danger maintenant le pnar, en particulier à l'Ouest et dans la ville de Jowai mais surtout le lyngam et war dont il ne reste plus que quelques milliers de locuteurs à parler des variétés où ces langues demeurent centrales, voir cartes.

 

 

Le War a des caractéristiques typologiques austroasiatiques particulièrement conservatrices. Le War avait également conservé dans les années 2000-2010 une culture associée à une religion des ancêtres « Niam Tre » encore bien vivante. Les rituels, récits et contes traditionnels de ce corpus, enregistrés dans le cadre de la vie des villages encore isolés à l'époque des enregistrements mais maintenant reliés par des routes aux villes, en sont malheureusement les premiers et derniers témoignages. Depuis la mort de mes principaux informants et amis, il ne reste plus que quelques familles isolées dans ces villages.
De même que la culture traditionnelle « Niam tre » est gravement menacée chez les Wars et a pratiquement disparu chez les pnars et chez les lyngams, les langues War et Lyngam sont gravement en danger. La colonisation britannique a imposé le Khasi comme langue politiquement dominante dans la constitution « khasi » i.e. non Garo, du Meghalaya (langue de la scolarisation, des média et de la christianisation qui concerne environ 95% des locuteurs PWL, en particulier).

 

 

 

 

Ressources :

 

Le war comporte 3 groupes de dialectes (en dehors des variétés métissées avec le khasi et le pnar):
war amwi, war des environs de Nongtalang, war des environs de Syndai

 

1. War amwi

2. War des environs de Nongtalang

3. War des environs de Syndai

 

1. war amwi de Thangbuli


 

a Récit du Bahilom

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2000, Marlyda Pohleng, Anne Daladier

Grand récit fondateur pour les pnars et pour les wars.

La narratrice, fille d'un grand représentant religieux propose des récits d'une grande qualité poétique.

L'histoire se déroule le long de la rivière Myntadu qui sépare les terres amwi et pnars. Une femme accouche d'un enfant bien que sans mari, à l'écart de son village dans une grotte, car il est considéré comme illégitime. (La grotte est aussi un lieu de passage entre le monde du dessous et la terre plate.). Cet enfant devient un jeune homme géant et prodigieux en force, en intelligence et en générosité. Il devient le protecteur des siens mais sa puissance désintéressée provoque la jalousie d'un roi puissant et rapace. Il est finalement victime d'une traîtrise : il est invité à un banquet où les soldats du roi le font boire et le tuent ivre.

On retrouve ce récit en pnar où Bahilom frère/soeur aîné en war se nomme Mar et en Lyngam Tang Mar

a 2 contes de Marlyda Pohleng :

1 conte de Fancy Pohleng

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2000, Marlyda Pohleng, Anne Daladier

a) Une femme et son fils Sem le paresseux

Une mère fait des gâteaux et envoie son fils Sem un garçon paresseux vendre les gâteaux au marché. Parfois, il les donne à des chiens ou à des porcs sauvages. Un jour il rencontre au marché un chacal qui apprend à lire aux enfants en chantant. Ils en sont très contents. Un jour le chacal les emmène dans une grotte sous le pont et révèle sa perversité en mangeant Sem.

b) La tortue et le chacal

Une tortue et un chacal se rencontrent au marché. La tortue a deux filles très intelligentes qui vont à l'école. Le chacal explique à la tortue qu'il donnera un meilleur enseignement à ses filles. Elle les lui confie. Elle demande au chacal de revoir ses filles quand ils se rencontrent au marché mais il a toujours une excuse pour remettre la rencontre à plus tard. Finalement, un jour elle exige de les voir. En fait il a mangé ses filles. Il la fait venir dans une grande et profonde grotte et lui dit que ses filles sont dans l'eau dans une partie souterraine profonde. Elle cherche partout. Finalement le chacal la tue.

a

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2000, Marlyda Pohleng, Anne Daladier

 

a) La démone Insatiable et monsieur ləʔ

Madame insatiable est en fait une immortelle qui utilise l'apparence d'une vieille dame et qui peut l'enlever comme un vêtement et prendre quand elle le souhaite l'apparence d'une jeune femme et profiter de sa force. Elle utilise sa jeune peau pour travailler dans son champ de millet. Un jour de sa colline, elle voit Monsieur ləʔ qui cueille des fruits sauvages en haut d'un arbre. Elle va le voir et lui demande de lui donner des fruits. Lui s'est aperçu qu'elle peut changer d'apparence humaine à sa guise. Il fait semblant de vouloir la satisfaire mais fait tomber les fruits dans la crotte qui se trouve sous l'arbre, à plusieurs reprises. Finalement elle parvient à utiliser son châle pour que les fruits tombent dedans. Elle se régale à s'en faire une indigestion et ne plus pouvoir marcher. Elle s'installe dans la hotte à récolte de monsieur ləʔ, qui doit la ramener chez elle sans emporter ses fruits. En route elle rote et crotte dans la hotte qui se trouve vide et salle quand monsieur ləʔ arrive chez lui.

b) Le chacal et le tigre

Au début ils sont très amis. Ils plantent des yams mais le chacal profite de la naïveté du tigre. Une autre fois ils vont à la chasse. Le chacal se prétendant malade se fait nourrir par le tigre par sa femme et par leurs enfants. En leur absence il dévore en outre l'intérieur d'une vache et en fait son habitation.

 

 

a 2 contes traditionnels

  • a) Le chacal et l'oiseau piangmai
  • b) Les deux sœurs et la jalousie de l'aînée

Amwi war, Thangbuli, 2003, Marlyda Pohleng, Anne Daladier


a) Le chacal et l'oiseau piangmai

Au début le chacal et la piangmai (sorte de colombe sans queue) sont très amis. Ensuite le chacal utilise la colombe pour voler des bananes et le chacal profite de sa naïveté pour tout manger. Elle se fâche et le chacal essaie de l'attraper pour la dévorer. Elle réussit à s'envoler mais il attrape sa queue dont les plumes s'envolent pour toujours. Un jour ils se rencontrent au marché, il lui demande par quel chemin elle repartira. Elle se méfie et donne une fausse information. Il l'attend en vain et lui en veut. Ils se rencontrent d'autres fois au marché et elle le berne chaque fois sur le chemin, il ne peut l'attraper. Il réalise qu'elle est intelligente, propose de faire ensemble un festin de crabe et de lui redonner sa queue. Elle en attrape un et elle doit le préparer dans une marmite. Mais le crabe transperce la marmite et s'en va. La colombe croit que c'est une ruse du chacal. Depuis, l'oiseau piangmai n'a pas de queue et elle se méfie du chacal.

b) Les deux sœurs et la jalousie de l'aînée

Deux petites filles sont les seules enfants de leur mère. La mère les envoie chercher des concombres dans sa plantation sur la falaise au-dessus de la rivière. Avant la cueillette, l'aînée propose à sa cadette de lui enlever les poux. Elles s'assoient sur le bord de la falaise. L'aînée par jalousie la pousse à se rapprocher du bord tout en prétendant la retenir. Elle la lâche, la laisse tomber et la petite tombe de cette immense falaise. Elle est avalée vivante par un énorme poisson de la rivière qui passait par là et s'en va. L'aînée revient seule à la maison, sa mère lui demande où est sa sœur. Elle prétend ne pas savoir en disant que sa cadette serait partie devant elle. La mère devine un mauvais coup mais la petite reste introuvable. Un jour le père va à la pêche dans la rivière et rencontre le gros poisson qui se laisse prendre et tuer pour lui redonner l'âme de sa petite fille. Il est énorme. Quand le père le découpe il retrouve la voix-âme de sa fille qui est morte. Elle lui raconte comment sa sœur l'a tuée. Le père raconte cela à sa femme qui chasse l'aînée de la maison. Elle ne sait où aller, monte dans un grand arbre et demande à l'aigle de lui donner des ailes. Elle chante pour l'appeler et l'attendrir. La narratrice chante. L'aigle lui coud une aile et s'en va. Elle se remet à chanter. Sa mère l'entend et lui dit d'aller plus loin. Elle chante à nouveau pour attendrir l'aigle. L'aigle revient et lui coud une deuxième aile. Il la prend sous sa protection et ils s'envolent toutes les deux, elle le suit.

 

a Trois personnes : séparation et retrouvailles d'une mère et de ses deux fils

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2003, Lewis Buam, Anne Daladier

Après la mort de son mari, une femme se trouve seule, démunie avec ses deux jeunes fils. Elle tente de chercher fortune dans un plus gros village (actuellement au Bengladesh) mais doit traverser la large rivière entre le Meghalaya et le Bengladesh. Un transporteur Hindou dans sa barque la trompe au moment où elle embarque pour mettre à bord ses enfants, par un geste brusque il s'éloigne, la fait prisonnière et s'en va. Les deux enfants se retrouvent seuls.

Une vache dont le veau nouveau né vient de mourir à côté de la rive les découvre pleurant et les nourrit de son lait. Elle les emmène le soir dans l'abri du vieil homme solitaire qui la garde. Les jours passent ainsi où les enfants suivent la vache et un jour le vieil homme les découvre. Ils vivent ensemble avec amour dans sa hutte. Les enfants deviennent très habiles et gagnent une compétition organisée par le roi hindou de ce pays. Le roi les invite à sa cour avec le vieil homme pour combattre les ennemis. Par leur intelligence et leur courage ils mettent les ennemis en déroute et deviennent ministres. Le roi leur offre de choisir une récompense. Ils décident de prohiber la viande de vache. Ensuite le vieil homme préfère retourner à sa hutte et les jeunes hommes alternent entre vie de cour et vie de hutte avec le vieil homme. Les jeunes gens qui aimeraient retrouver leur mère amènent le roi à autoriser tous les sujets non hindous à retourner dans leurs collines d'origine. Mais la mère est toujours prisonnière du conducteur de bateau. Les conducteurs de bateau sont tous interrogés et finalement la mère retrouvée est libérée. Les fils tuent le ravisseur. Quelques années plus tard, le roi solitaire lègue son pays à ses deux fils adoptifs.

Ce conte idéalise la bonne relation d'antan entre hindous et wars au Bengladesh.

 

a Deux frères orphelins

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2003, Lewis Buam, Anne Daladier

Après la mort de leurs parents, deux frères travaillent dans leurs champs et vivent de leurs récoltes, seuls dans leur hutte. Une vieille femme s'introduit dans leur vie pour les aider aux taches ménagères et se transforme la nuit en jeune beauté. L'aîné brûle sa peau de vieille et l'épouse. Ils vivent à trois paisiblement. Mais la jeune femme en fait une méchante sorcière tue son mari et fait manger le corps au cadet. Celui-ci le découvre trop tard. La sorcière s'enfuit et épouse le roi. Elle se prétend malade. Suit une description des remèdes et des guérisseurs. La jeune sorcière en profite pour se faire nourrir de tigres et autres sources de force.

Après un certain temps le frère cadet finit par retrouver la jeune sorcière devenue reine à la cour du roi. Il prévient le roi qu'elle est sorcière et révèle son point faible : les âmes de son clan sont dans un panier qu'elle cache. Quand le panier est détruit, elle meurt.

Sens intéressant de cette histoire sur la religion des ancêtres et les bigoteries.


b) Compétition entre les deux rivières : Am Ngot et Am Tedia

Les deux rivières délimitent des territoires à la fois wars et pnars à l'Est des territoires khasis. Elles sont décrites dans ce court conte comme les incarnations de deux jeunes femmes qui font la course pour arriver au plus vite au pied du plateau du Meghalaya au Sud et atteindre le roi de Jaintiapur au Bengladesh. Am Ngot prend sa source près de la grande montagne de Shillong et part très vite mais s'essouffle en faisant des détours. Am Tedia, circule sur une pente plus douce et n'est qu'un court d'eau mais va directement vers Jaintiapur. Elle est la gagnante et dirige la partition des terres des clans de cette zone. Avant de devenir la capitale des khasis Shillong était tʃi lɔŋ, 'l'étant Un', l'ancêtre masculin incarné dans la 'grande montagne' pilier mythologique entre la terre et le ciel et qui donne leur source à plusieurs rivières ancêtres féminins du Meghalaya, qui soit rejoignent la Kalang en Assam sur d'anciens territoires pnars, soit comme Am Ngot rejoignent les territoires wars-pnars.

a Plantes et pratiques médicinales par une guérisseuse

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2003, Ribon Dkar, Anne Daladier

Guérisseuse par les plantes et surtout par les massages. Ma consultante donne une traduction en anglais des explications de la guérissese.

 

a Plantes et pratiques médicinales par un guérisseur

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2003, Shon, Anne Daladier

Shon le guérisseur par les plantes (broʔ suraŋ) de Thangbuli. Longue description des plantes, racines, décoctions, pierres, os, fœtus, peaux de serpents et tous leurs mélanges éventuellement avec de l'huile ou de l'eau utilisés pour les maladies physiques ou psychiques. Également les prières. (Carnets de terrain avec les dessins des plantes)

 

a Compétition entre les deux rivières Am Ngot et Am Tedie

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2003, Soh Tariang, Anne Daladier

Les deux rivières délimitent des territoires à la fois wars et pnars à l'Est des territoires khasis. Elles sont décrites dans ce court conte comme les incarnations de deux jeunes femmes qui font la course pour arriver au plus vite au pied du plateau du Meghalaya au Sud et atteindre le roi de Jaintiapur au Bengladesh. Am Ngot prend sa source près de la grande montagne de Shillong et part très vite mais s'essouffle en faisant des détours. Am Tedia, circule sur une pente plus douce et n'est qu'un court d'eau mais va directement vers Jaintiapur. Elle est la gagnante et dirige la partition des terres des clans de cette zone. Avant de devenir la capitale des khasis Shillong était tʃi lɔŋ, 'l'étant Un', l'ancêtre masculin incarné dans la 'grande montagne' pilier mythologique entre la terre et le ciel et qui donne leur source à plusieurs rivières ancêtres féminins du Meghalaya, qui soit rejoignent la Kalang en Assam sur d'anciens territoires pnars, soit comme Am Ngot rejoignent les territoires wars-pnars.

Conte traditionnel amwi sur une compétition entre ces deux rivières, ou plus précisément, entre le clan amwi Buam et les clans pnars régulés par ces deux rivières. Récit de Soh Tariang, le chef du village de Thangbuli en présence de Marlyda Pohleng et de Lewis Buam.

 

a Récit d'un mythe de fondation pour les wars et les pnars : Liʔ Dɔʔ Kha, Lɔʔ Rəndi 'dame chaire du poisson, sieur Rendi'

Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2003, Soh Tariang, Anne Daladier

Cette version est dite pour moi comme un conte traditionnel en war amwi par le Lyngdoh, le représentant traditionnel élu des clans de 5 villages wars associés. Cette version n'a pas la poésie de la version rituelle de Liʔ Dɔʔ Kha parlée-chantée par les deux clans en compétition en war de Sohkha (fichier ADA005) mais elle a des différences très intéressantes. Elle explique la création du groupe amwi avec la rivière Khervi qui rejoint Sutnga. En fait amwi 'rivière Wi' est une dénomination postérieure à Khervi 'gens de Vi.

 

aRécit : la pierre ancestrale des Buam en forme de tigre


Thangbuli, Meghalaya, Inde, 2005, Dol Buam, Anne Daladier

Un représentant traditionnel amwi, fait le récit de la pierre ancestrale qui se trouve toujours au sommet des terres du clan Buam, sur la rivière Myntadu qui délimite les terres wars et pnars au dessus du barrage de Lechka. Après un conflit war entre le clan Buam (amwi) et le clan Talang (nongtalang), les gens du clan Buam qui s'étaient alliés avec le roi pnar installent cette pierre avec l'accord de l'Ancêtre pnar et war Muhsiang.

Cette pierre a la forme d'un tigre parce que à l'époque de sa fondation certains hommes avaient une double vie sur terre comme homme-tigre. La croyance en une double incarnation sur terre fait partie des points communs de la religion traditionnelle des pnars, wars et lyngam. Stephen Nongsiang m'a décrit en Lyngam Tre les 7 doubles incarnations possibles (tigre, aigle, dragon-serpent, rosée du matin, insecte, coq sacrificiel, porc sacrificiel) et le fait que chaque humain naît avec un double choisi par l'ancêtre de son clan.

 

aMusique mɛrkeːu (jewish harp en bambou) et Chants traditionnels loŋ haj de récoltes de millet

War amwi à Thangbuli, 2003, Woh De

 

 

War des environs de Nongtalang :


2.a War de Sohkha


a Récit à scansion parlée-chantée d'un mythe de fondation pour les wars et les pnars : Liʔ Dɔʔ Kha, Lɔʔ Rəndi 'dame chaire du poisson, sieur Rendi'

War de Sohkha, Meghalaya, Inde, 2002, groupe d'hommes du clan Thongper et groupe d'hommes du clan Pohlong, Anne Daladier

Ce mythe de fondation a ici une scansion parlée-chantée traditionnelle. Sa performance se fait devant tout le village, à l'extérieur de la maison du disparu dans le cadre d'une cérémonie funéraire secondaire de tʃənjə, cérémonie de réunification des os, qui dure deux jours. La performance se fait la nuit avant l'unification des os du disparu avec ceux des membres réincarnés du clan qui ont perdu leur individualité et qui constituent collectivement l'Ancêtre grand-mère du clan. La diction parlée-chantée se fait par épisodes entre les clans en compétition dont chacun improvise sa version poétique, en war de Sohkha pour le clan Thongper qui dirige la performance et en war de Nongbareh pour le clan Pohlong. Les groupes en compétition ont consommé beaucoup d'alcool avec une herbe qui les met dans un état particulier.

Ce mythe de fondation est probablement le plus important pour les wars et pour les pnars. Il retrace l'origine des humains pnars et wars comme enfants d'une grand-mère Ancêtre qui s'incarne dans la principale rivière qui délimite leur terres. Cette ancêtre s'incarne temporairement dans un poisson.

Enregistré à l'origine sur minicassette, d'où la qualité de son un peu moins bonne. La qualité littéraire de cette version, dans son contexte rituel et récité par les meilleurs représentants de deux clans importants est en revanche exceptionnelle du point de vue poétique du baŋ sur 'beau parlé war': par la profondeur du sens et par les procédés de réduplication avec assonances.

Un homme nommé sieur Rendi pêche un gros poisson. Rentré chez lui il ne le mange pas mais le laisse sécher au dessus de sa cheminée. Quand il revient chez lui de ses champs la maison est rangée et le dîner est servi. Au bout d'un certain temps, il se cache pour savoir qui accomplit ceci. Il découvre une merveilleuse jeune femme chez lui et la peau vide du poisson à sa place, au dessus de la cheminée pour sécher. Il entre précipitamment, brûle la peau. Il épouse la jeune femme qui enfante les gens qui sont les wars et les pnars perpétuant les semences de l'ancêtre clanique qu'elle incarne (voir les explication de Kundep Sumer de Nongbareh). Elle lui précise que la pureté d'une propreté absolue devra régner dans la maison. Un jour la mère de sieur Rendi oublie le balai à l'intérieur du foyer. Elle s'enfuit et retourne vivre dans la rivière clanique des wars et des pnars. Selon les lieux où cette histoire est racontée, le nom de la rivière clanique est utilisé.

 

 

2.b War de Kudeng

 

a
a. Chant d'amour : Kubor məjə ŋə

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2004, Thakur Pohtam Chyrnia, Anne Daladier

Woh Thakur me chante une chanson adressée à mon mari qui vante ma beauté.


b. La biche en or : Conte traditionnel d'une revanche du destin

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2004, Willi Pohtam Chyrnia, Anne Daladier

Une femme vit seule avec ses deux fils. Son mari est mort et elle n'a plus de famille, ni de terres. Ils partent vivre dans la forêt profonde où ils défrichent des terres pour cultiver du millet et un potager. Une biche dorée vient, elle mange dans leurs cultures, ils ne la chassent pas pensant qu'elle leur est envoyée et ils deviennent amis. Un jour, les gens du royaume viennent chasser dans la forêt et voient la biche dorée mais ne peuvent l'attraper. Le roi promet son royaume à celui qui pourra la lui rapporter.

En fait cette biche dorée est l'incarnation d'un être merveilleux qui rend ces garçons justes. Après de longues aventures où elle se transforme en êtres divers, ou se met dans une petite boite, elle permet aux frères de devenir les rois.

 

 

a

War Kudeng Thymmai, 30/12/2004, Woh Thakur Pohtam Teang, Anne Daladier

  • 1) Explications sur la religion des ancêtres
    • Rituel de fertilité offert à muʔsiaŋ, la grande ancêtre fondatrice de la terre fertile et de toutes ses semences (voir les explication de Kundep Sumer de Nongbareh), que le clan de woh Thakur pratique dans leurs plantations de noix de bettel. On construit une plateforme en bambou où se pratique le sacrifice avec 5 paires de poules.
    • Rituel pour éviter la foudre. On offre à la foudre des gâteaux de riz, de l'alcool et une poule. On lit les augures dans son intestin grêle.

  • 2) Conte traditionnel : Quand la terre était dans le noir.
    Avant l'arrivée des hommes, la terre était dans le noir parce que la Soleil s'était retirée. Le coq sacrificiel a intercédé et elle est revenue.

  • 3) Première partie du conte de l'ogresse

  • 4) Début raté de la Biche en or

 

a Deuxième partie du conte de l'ogresse (le lendemain soir)
war de Kudeng Thymmai, 31/12/2004, Woh Thakur Pohtam Teang, Anne Daladier

Woh Thakur dit la seconde partie du très long et très beau conte : le roi qui avait épousé une ogresse.

Un roi qui avait perdu sa femme et avait un fils épouse une jeune femme apparemment très prude mais qui se révèle être une ogresse. Elle conserve une boite géante que personne ne peut ouvrir où se trouvent ses 4 maris-démons. Le fils, plus intelligent que son père découvre qu'elle est une ogresse. Son père ne le croit pas. L'ogresse prétend être malade et exige le sacrifice du fils pour manger son foi et guérir. Le roi hésite et consent. Un ancien sauve le fils en donnant le foi d'un chien à l'ogresse. Le fils s'enfuit dans un autre pays. Il est un pauvre berger et les démons le poursuivent mais il devient de plus en plus intelligent pour leur échapper, acquiert des pouvoirs surnaturels, tue les démons et devient le roi

 

 

aRituel pour la guérison d'une fillette gravement malade en oblation à Rɔntʃəndi
war de Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 20.1.2005, Thakur Pohtam Teang responsable religieux et les participants du rituel, Anne Daladier

Le rituel se déroule d'abord dans la maison de la famille avec prières et offrandes (riz dans des feuilles de l'arbre sacré 'lamet') et ensuite à l'extérieur de la maison. Woh Monti sacrifie une chèvre, puis trois poules et un oeuf. Prières avant et après le sacrifice, puis après le festin collectif. Les augures sur la bonne fortune de la guérison sont lues dans l'intestin des animaux sacrifiées. Voir les photos du rituels correspondant aux différentes phases du rituel, woh Monti coupe la tête de la chèvre, puis les cous des poules, les ingrédients, le festin collectif final avec les animaux sacrifiés. Prières finales. Ensuite explications sur le sens des phases du rituel.

Le lendemain du rituel, woh Thakur enregistre à voix claire dans sa maison les prières du rituel.

 

aLa religion des Ancêtres
war de Kudeng Thymmai, 5/ 12/ 2005, Anne Daladier

Woh Thakur Pohtam Teang donne la suite des explications sur les principaux aspects de la religion des ancêtres aidé par woh Monti

Comment se sont créés les ʃurɛt 'ancêtres protecteurs des clans, ancêtres protecteurs des villages, ancêtres protecteurs des districts et la formation des villages Explications sur les rituels. Rituels de guérison à Rontʃəndi ; rituels à la rivière du clan pour avoir des enfants ou si quelqu'un vous vole votre mari ; rituel à l'éclair pour obtenir de la pluie pour les cultures. Comment préparer les offrandes de riz, de biscuit de riz, de noix de bettel, de bananes ainsi que l'eau et l'alcool.

Comment faire la crémation des morts en conservant quelques os puis prendre soin de ces os qui vont produire les semences du clan. Comment faire la célébration secondaire de réunification des os du disparu avec l'ancêtre du clan. Prière à səntʃar 'la loi' l'ancêtre des clans, Am tʃar 'rivière loi' est la rivière qui alimente les wars de Kudeng et de Nongbareh. Woh Thakur dit les prières à voix basse.

Comment s'est constitué le village de Kudeng avec le clan pnar pohswet et les clans wars qui viennent de Sumer.

 

a Récit du long voyage à travers l'océan pour rencontrer la reine Larmati

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2005, Thakur Pohtam Teang, Anne Daladier

Récit du long voyage à travers l'océan pour rencontrer la reine Larmati. Récit fantastique pour aller rencontrer chez elle la reine d'Angleterre.

 

a Conte traditionnel du chevreuil, des patates douces et du tigre

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 28/01/2005, Thakur Pohtam Teang, Anne Daladier

Un chevreuil mange les feuilles de patates douces d'un cultivateur. Il s'en aperçoit, lui tend un piège. Le chevreuil entre dans le piège et s'endort. Le croyant mort le cultivateur l'en sort. Le chevreuil s'échappe et se réfugie près d'une grotte où vit une chèvre. Un tigre arrive mais prend peur de la chèvre qui rumine en bougeant sa barbiche sans inquiétude. Le tigre appelle le chacal, ils s'enfuient. Le chacal meurt d'épuisement et le tigre courre encore.

 

a Conte traditionnel : Bal avec les ancêtres à l'intérieur du ciel

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 27/01/2005, Thakur Pohtam Teang, Anne Daladier

A l'intérieur du ciel, narrateur woh Thakur Pohtam Teang

Conte traditionnel où woh Thakur remplace un tabouret magique volant par un avion.

Une jeune et belle femme, fille d'un roi sourd, souhaite apprendre les danses rituelles, telles qu'elles se déroulent non sur terre mais à l'intérieur du ciel lui-même chez les ancêtres. Un sage, ancien de la tradition, avec ses longs cheveux et sa pièce de tissus noué entre les jambes, lui explique ce que sont les rituels et lui trouve une occasion de partir avec des esprits qui viennent sur terre à l'occasion de la célébration de mariages et consentent, grâce au vieil homme, à repartir avec elle pour la laisser assister à des cérémonies rituelles dans le ciel. Elle est si belle qu'on l'invite à danser. Elle se retrouve ensuite dans son lit dans sa maison en train de dormir, personne n'est au courant. Les esprits lui disent de se tenir prête pour repartir avec eux un moi plus tard. Cependant un jeune homme l'a entendu parler avec les esprits et dort sous son lit pour partir secrètement avec eux au ciel. Le jour venu, un avion vient la chercher, il monte secrètement aussi. Au ciel la fête est grandiose. Le jeune homme joue du buhuri (sorte de petit hautbois aigu) avec beaucoup de talent et la jeune femme danse comme sous un charme. L'avion la ramène ensuite chez elle, le jeune homme s'accroche sous l'avion et revient avec eux. De retour il courtise la jeune femme. Les esprits reviennent la chercher et elle danse de telle façon que les esprits tombent sous son charme. L'un d'eux lui donne des fleurs du ciel. Elle revient sur terre et fait pousser ses fleurs. En fait ces fleurs contiennent l'âme du roi du ciel et des ancêtres. Ils cultivent les fleurs magiques dont les graines sont celles des clans humains et des espèces qui les nourrissent.

Il vient sur terre pour les reprendre et repart avec la jeune femme.

Les ancêtres font fleurir leur progéniture incarnée en humains comme dans d'autres espèces qui s'incarnent sur terre. Les danses rituelles de rɔŋ khusi, le festival du plaisir (voir "Exemples de rythmes sur instruments traditionnels"), font venir les ancêtres protecteurs et les désirs amoureux des humains. L'ancêtre fleurit dans tous les sens du terme dans ses filles terrestres qui reproduisent les clans.

 

 

a Explications sur le mariage clanique et les augures donnés par les ancêtres selon le rituel de divination de l'œuf

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2005, Monti Pohtam Chyrnia, Anne Daladier

Les ancêtres répondent aux questions par l'intermédiaire d'œufs brisés sur une planchette où sont marqués les zones d'interprétation des réponses . Le fait que la coquille brisée retombe sur la planchette sur le côté concave ou convexe est positif ou négatif.


a Khrishno et Rondika

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2006, Thakur Pohtam Teang, Anne Daladier

Long et important conte qui réintègre dans la religion des ancêtres wars certains aspects l'épopée hindoue de Krishna dans le Maharabata.

Ce récit est présenté avec le début du récit, transcrit glosé et traduit en anglais dans Daladier (2012) « A Multi-purpose Project for the Preservation of War Oral Literature » Hyslop, Morey, Post eds. NEILS 4, Cambridge India, pp.166-194.

 

a Récit traditionnel : Suɲ, Irmaj, Hɛrmɔn, les trois soeurs ancêtres

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2006, Thakur Pohtam Teang, Anne Daladier

Ce récit comporte une généalogie céleste expliquant le monde actuel tel que perçu par les wars non chistianisés. Hɛrmɔn ancêtre des rivières claniques est la mère de Liʔ Dɔʔ Kha (voir "Récit parlé-chanté d'un Mythe de fondation pour les wars et les pnars : Liʔ Dɔʔ Kha, Lɔʔ Rəndi 'dame chaire du poisson, sieur Rendi'") l'ancêtre des wars et des pnars. suɲ est l'ancêtre du monde de passage entre la terre et le ciel. La sœur 'Fleur' de Liʔ Dɔʔ Kha est l'ancêtre des khasis. Le mari d' Hɛrmɔn est Harata Khan War, lié aux wars et aux Kherwars (Munda du Nord). [ les Karbis, TB, se réclament aussi de cet ancêtre probablement parce qu'ils occupent ses terres claniques, au Nord du Meghalaya]. L'une des descendantes de Hɛrmɔn est l'ancêtre qui s'incarne dans l'océan Indien, elle régit les interventions anglaises et hindous et préserve dans une certaine mesure les territoires pnars et wars du Bengladesh.

 

a Conte traditionnel : Les filles et petite filles de Liʔ Dɔʔ Kha

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2006, Willi Pohtam Chyrnia, Anne Daladier

Woh Willi est ami de woh Thakur et parent de woh Monti, mais lui-même est devenu chrétien; il a assisté au récit "Récit traditionnel : Suɲ, Irmaj, Hɛrmɔn, les trois soeurs ancêtres" de woh Thakur dans sa maison et son conte est une suite intéressante qui explique comment les clans Pohtam en provenance de la rivière amwi Khɛrvi et ceux qui venaient de Jaintiapur au Bengladesh sont venus s'installer à Kudeng Thymmai, en territoire Pnar qui a été partagé par les pnars et les wars grâce à l'accord des ancêtres (voir les explication de Kundep Sumer de Nongbareh).. Il raconte ensuite comment l'ancêtre Liʔ Dɔʔ Kha des pnars et des wars a fait en sorte d'avoir une petite fille qui protège les siens de chez les colons anglais.

Une des petites filles de Liʔ Dɔʔ Kha, Toŋsuʔ, n'arrête pas de pleurer, on essaie de l'échanger sans succès, on demande conseil au Pacha roi des pnars au Bengladesh Ram Sing et on la met sur un radeau au bord de l'océan Indien. Elle accoste en Angleterre. Le roi lui offre la surface de terre d'une peau de vache. Par magie, la peau s'étend à toute la surface de Londres. Elle devient une reine et le chef de la Compagnie des Indes.

 


a Description de plantes médicinales in situ

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2006, Lakhmie Pohtam Sohsley, Anne Daladier

Opposition phonologique tʃɔ ! (interjection) / tʒi 'riz' où /tʒ/ est en fait un dévoisement de /ɟ/ différent de /tʃ/.

 

a Liste lexicale illustrant l'opposition : / tʒ / /tʃ/

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2007, Lakhmie Pohtam Sohsley, Anne Daladier

Liste lexicale illustrant l'opposition : / tʒ / /tʃ/ en fait deux fricatives distinctes.

 

aKlao Bemon
Kudeng thymmai, 2007, Monti Potham Chyrnia Anne Daladier

Bemon en war, Bamon en pnar est un nom de clan fondateur pnar transmis de façon traditionnelle matrilinéaire à des wars. Ce conte décrit la vie dans une hutte traditionnelle de culture en dehors d'un village. Elle est habitée par une femme oiseau.

Bamon est un ancêtre traditionel pnar, emprunté par les wars, voir aussi lar Bemon dans le conte de Larsendriang en Nongbareh war

 

aAncêtre Tam
Kudeng thymmai, 26/1/2010, Monti Potham Chyrnia, Anne Daladier

Explications de Woh Monti avant le rituel funéraire secondaire de notre ami Woh Thakur où le mythe de fondation 'ancêtre Tam' avait été choisi par sa sœur pour le conte à scansion parlé-chanté de la veillée avant la réunification des os. Ce choix a été fait en raison du clan Poh Tam du disparu et de l'importance du clan Pohtam à Kudeng qui s'est subdivisé en 7 branches. La célébration du rituel a eu lieu quand je n'étais plus là pour l'enregistrer, quelques mois plus tard. Woh Thakur est mort en 2008, sa crémation a eu lieu dans la forêt de Kudeng, ses os ont été conservés dans une petite cahute traditionnelle devant sa maison et pour la cérémonie secondaire ses os ont été réunis à ceux de son ancêtre Pohtam 'intérieur de Tam' dans le caveau clanique à l'entrée de la forêt, à l'Ouest de Kudeng.

Woh Monti m'explique comment l'ancêtre Tam 'demeurer' provient d'une alliance traditionnelle et de mariages exogamiques de 4 clans (4 chèvres) impliquant le grand clan Sumer, issu de 2 clans, à l'origine pnar, dont sont issus par alliance aussi des wars et le clan Pohshwet, lui aussi issu de 2 clans et ayant aussi engendré une autre alliance et mariages exogamiques de pnars et de wars. Le clan Pohshwet vient de Pnə, une localité qui à l'origine se trouvait sur la rivière Iapngar en Assam puis est devenue l'ancien nom de Jowai, la principale ville pnar actuellement au Meghalaya. Le nom des pnar vient de pnə/ pna +-r 'gens de pna'. L'ancêtre Tam a aussi eu une alliance avec le clan Talang fondateur des villages de Shkentalang (amwi) et de Nontalang et des villages de la région de Padu. L'ancêtre Tam et ses clans se sont alliés avec les wars de la rivière Am ŋot : Padu, Nongbareh, Lamin, Sohkha, Kudeng et avec les pnars de la rivière Kupili de Sutnga à Jaintiapur, en particulier avec le grand clan pnar Suchen qui a conclu des alliances avec plusieurs grands clans wars pour fonder la zone des dialectes centraux du war sur d'anciens territoires pnars. On retrouve les clans d'origine pnar : Sumer et Suchen à Sohkha, Nongbareh, Lamin et Nongtalang.

Ces explications et les mythes de fondations, tout comme les explications de Oni de Mawngap, et de Kundep Sumer de Nongbareh, confirment l'analyse linguistique des dialectes wars. Les parlers mixtes war-khasi et sendai-pnar sont à distinguer des dialectes wars proprement dits : amwi et villages du district de Nongtalang. Les clans des deux zones de parlers mixtes ne sont jamais évoqués dans les mythes de fondations et contes des deux dialectes centraux, examinés principalement dans ce corpus. Les groupes amwi sont venus après les groupes de la zone de Sendai qui cohabitent avec les pnars sans doute depuis l'installation des pnars dans le Meghalaya. Les amwis sont venus avant les clans du district de Nongtalang, ce qui se reflète par une plus grande influence pnar en amwi. Les wars du district de Nongtalang se sont alliés plus récemment avec des pnars, ils sont restés plus longtemps isolés dans leurs plantations au Bengladesh d'où ils continuent à venir et ont conservé les traits les plus conservateurs du war. Ces contes et explications permettent aussi de confirmer l'analyse linguistique montrant que le war n'est pas issu du pnar alors que le khasi est issu du pnar (voir Daladier 2011).

 

 

2.c War de Nongbareh et Lamin

 

 

a Rythmes d'instruments traditionnels

Lamin, Meghalaya, Inde, 2005, Sixme Kashnga, Wanmon Kashnga, Curfew Lamin, Pailot Kashnga, Anne Daladier

Instruments : thangmuri (bambous à notes différentes, frappés), buhuri sorte de petit hautbois, tambour. Intervenants : Sixme Gashnga et Wanmon Gashnga qui jouent du buhuri ; Curfew Lamin qui joue les rythmes de thangmuri et Pailot Gashnga qui joue le tambour seŋ hənta pour les danses avec femmes.

Les 5 principaux rythmes de Buhuri sont présentés dans 5 pièces de musiques différentes. Ces musiques sont jouées traditionnellement pour rɔŋ khusi, le festival du plaisir après la période des cérémonies funéraires secondaires.


a Larsəndriaŋ


Nongbareh, Meghalaya, Inde, 2007, Tyiu Lamin Roh, Anne Daladier

Ce conte traditionnel, aussi nommé 'potiron d'or, potiron d'argent' décrit les grandes règles qui fondent la vie sociale et la fertilité des clans wars (et du groupe Pnaric-War-Lyngam en général). Les semences des hommes comme celles des plantes, se reproduisent par sortes, sortes claniques pour les hommes, sortes de fruits, légumes, grains etc. pour les plantes. Les deux phases de la mort et de la (ré)incarnation pour les hommes sont décrites avec leurs règles rituelles dans ce conte. La fertilité est donnée par les 'os' après la crémation d'un humain, homme ou femme, comme le noyau pour les fruits permet de reproduire l'arbre fruitier, et non par l'acte sexuel qui bien que nécessaire, n'est qu'une façon d'arroser la semence clanique portée par la femme. Larsendriang, naît d'un inceste clanique de l'ancêtre Grande Montagne avec la fille de sa sœur, qui meurt enceinte. Ce forfait plonge la terre dans la putréfaction mais l'être qui en naît fait renaître la fertilité sur terre et donne les règles de la performance des rituels de crémation et de la réunification des os pour la renaissance. Larsendriang a une oiseau aux grandes ailes comme nourrice et éducatrice. Le temps sur terre oscille entre la vie et la putréfaction. Le temps céleste coule de façon continue et sans fin comme l'eau des rivières. Larsəndriaŋ a aussi donné son nom à un rituel pour chasser les épidémies du village.

Le parler de Nongbareh et Lamin est plus innovateur que les autres parlers wars phonétiquement (nasalisations, transformation de voyelles finales en diphtongues, suppession de presyllabes) ; cela va dans le même sens que mes notes grammaticales sur ce dialecte. Cependant cette nasalisation est moins marquée chez les grands conteurs (comme dans ce conte de Larsendriang).

a Kompani Maharani 'La Compagnie des Indes'


Nongbareh, Meghalaya, Inde, 2007, Tyiu Lamin Roh, Anne Daladier

Conception des wars sur la colonisation britannique qui semble indiquer qu'elle ne les a qu'indirectement concernés. Les pnars se querellent entre eux, ceux de Jaintiapur contre ceux de Ralliang et Shangpung. Sir Henry l'anglais, fils de la reine de la Compagnie des Indes vient sur place pour rétablir la paix. Les pnars le trahissent auprès de sa mère en prétendant qu'il lui a volé ses revenus. Elle le met en prison puis le libère. Il revient pour faire la guerre aux pnars. Le pacha essaie en vain d'éviter cette guerre. Sir Henry gagne la guerre mais sa mère le désapprouve. Il fait construire un grand palais près de Jaintiapur pour satisfaire sa mère.

 

a Explications sur le peuplement et les alliances des clans pnars et wars ; rituel à l'ancêtre des rivières pour avoir la pluie
Nongbareh, Meghalaya, Inde, 2008, Kundep Sumer, Anne Daladier

  • a) explications sur le peuplement de la région de Nongbareh
    Complète et corrobore les explications données par Monti Pohtam Chyrnia sur les clans fondateurs des villages dans le district de Nongtalang. Les clans principaux de Nongbareh sont pour les pnars d'origine Sumer et Suchiang (ou Suchen) et pour les wars, Talang, Pohlong et Pohtam. Le clan war Myrchiang est issu de Suchiang. Les wars ont fait alliance avec les pnars sur leurs terres (voir par exemple la rivière Am Lamar du nom du clan pnar Lamare). Les mariages sont exoclaniques et associent wars et pnars.
  • b) explications sur le rituel de crémation et le rituel de réunification des os.
    Quand les clans fondateurs partent cultiver de nouvelles terres et fonder de nouveaux villages, ils emportent une gourde d'eau de leur rivière clanique et après consultation des augures, ils la verse dans l'eau de la rivière du nouveau village, leur ancêtre s'y incarne.
  • c) explication sur le clan et la génération matrilinéaire des humains
  • d) rituel à Njeriaŋ l'ancêtre des rivières pour avoir la pluie.
    Prières en langages clair et explications
  • e) Korila.
    Version courte du conte au sujet de cette fille de liʔ doʔ kha à comparer avec la version de woh Thakur et woh Monti à Kudeng.

 

a Explications sur le rituel de crémation

Nongbareh, Meghalaya, Inde, 2008, Kundep Sumer, Anne Daladier

Crémation du corps pour libérer l'âme du défunt et préserver quelques os qui deviendront enceints des graines du clan 9 mois plus tard.

 

a Liste de vocabulaire en war de Nongbareh : nombres, pronoms

Nongbareh, Meghalaya, Inde, 2008, Babu Lio Talang, Anne Daladier

Ce dialecte est issu de Nongtalang, comme le sont Kudeng Thymmai, Lamin et Sohkha. Il est plus innovateur que les autres phonétiquement et cela va dans le même sens que mes notes grammaticales sue ce dialecte ; voir aussi le corpus (notamment de grand récit de Larsendriang).

 

a Lexique en war de Nongbareh

Nongbareh, Meghalaya, Inde, 2008, Jil Sea Pohlong, Anne Daladier

Ce dialecte est issu de Nongtalang, comme le sont Kudeng Thymmai, Lamin et Sohkha. Il est plus innovateur que les autres phonétiquement et cela va dans le même sens que mes notes grammaticales sue ce dialecte ; voir aussi le corpus (notamment de grand récit de Larsendriang).

 

 

Cérémonie funéraire secondaire pour l'ancêtre Pohlong
Lamin, Meghalaya, Inde, 2009, clans participants à la cérémonie funéraire secondaire d'une maisonnée Pohlong, Anne Daladier

  • a 1) conte parlé-chanté de Ancêtre Pohlong pendant la veillée qui précède la réunification des os dans le caveau Pohlong à Lamin. Le conducteur est Riang Phung.
  • a 2) Prières dans la maison et sur sa plateforme après avoir réuni les os du disparu avec ceux de l'ancêtre. Le conducteur est woh Tynrui

 

Cérémonie funéraire secondaire pour la femme de woh Tynrui
Lamin, Meghalaya, Inde, 2013, clans participants à la cérémonie funéraire secondaire, Anne Daladier

  • a 1) et a 2) Récit parlé chanté pendant la nuit avant la réunification des os. Le conducteur est Tyiu Lamin Roh Ce récit parle des ancêtres Min et Tam (des clans Lamin et Pohtam), des ancêtres et des traditions.
  • a 3) prières dans la maison après la réunification des os
(voir photos du rituel)

 

 

a Rituel de séparation après la mort d'un conjoint pour le survivant (1)

War de Lamin, Meghalaya, Inde, 2015, Lambun Lamin Kashnga, Anne Daladier

Rituel de séparation après la mort d'un conjoint pour le survivant. Lambun Lamin Kashnga dit les prières du rituel, après la cérémonie qui s'est déroulée à Lamin, pour que je les enregistre à Kudeng en dehors des participants dont la mère du défunt était très émue. Ce rituel invoque l'ancêtre du disparu et lui demande la permission de dissoudre le lien du mariage pour que le survivant puisse se remarier et avoir des enfants sans polluer le lien clanique avec les premiers enfants du mariage ; afin aussi que le défunt soit libéré dans l'autre monde.

Le rituel a été célébré à Lamin, village voisin de Kudeng sous la direction de woh Tynrui, le représentant religieux. Il avait lieu un an après la mort du jeune mari. Quelques personnes y participaient : la veuve, les parents du mari défunt, 3 personnes de la famille, U pa ka Iba qui est ami de woh Tynrui et moi. J'étais assise juste à côté de la mère du défunt qui était très émue et pleurait. J'ai renoncé à mettre en route l'enregistreur et la vidéo, par discrétion. De retour à Kudeng, U pa ka Iba (Rembun Lamin Kashnga) m'a proposé d'enregistrer lui-même la prière du rituel et ensuite sur un autre fichier j'ai enregistré ses explications sur celui-ci.

 

a Rituel de séparation après la mort d'un conjoint pour le survivant (2)

Kudeng Thymmai, Meghalaya, Inde, 2015, Lambun Lamin Kashnga, Anne Daladier

Rituel de séparation après la mort d'un conjoint pour le survivant. Rembun Lamin Kashnga explique la signification de ce rituel.

 

 

2.d. War de Nongtalang

 

 

a Chants et récits traditionnels de récolte (pawar loŋ haj)
War de Nongtalang, Akyi Myrsiang, 2009, Anne Daladier

 

a Récit traditionnel sur la création du monde
war de Nongtalang, Deng Pohsnem, 2012, Anne Daladier

Récit traditionnel sur la création du monde : Quand le monde était dans la nuit. A cette époque le monde était peuplé par les animaux, la Soleil avait fuit la terre après que sa sœur Feu ait dévoré leur mère, l'ancêtre des êtres mortels des trois mondes. Après les tentatives infructueuses d'autres animaux, le coq avait réussi à ramener Soleil sur terre en devenant l'être sacrificiel qui permet aux hommes incarnés sur terre de communiquer avec les ancêtres du sous-sol et du ciel par divination de ses intestins. Chaque matin il la fait revenir sur le monde de la terre par son chant. Ce récit correspond à un des épisodes de la création du monde dans le récit traditionnel en Lyngam Tre de Rosaia Nianglang. Ici le récit précise la conception cosmogonique des trois mondes du groupe pnaric-war-lyngam : la terre, le sous-sol et le ciel avec leurs passages.

 

2.e. War de Mawngap


Dialecte plus proche de l'Amwi que les autres variétés du district de Nongtalang, voir le récit de Woh Oni qui explique comment les villages de ce district ont été établis par des amwis puis par une alliance avec les clans Talang. Mawngap 'pierre de miel' se dit aussi Shmawngap dans ce village, qui comporte encore beaucoup de pierres dressées (menhirs et dolmens).

 

 

a Loŋ Haj chants de fertilité pour les récoltes (pnars/ wars)

War de Mawngap, Markus Pohshna, dans la maison de sa femme à Kudeng Thymmai, Janvier 2009, Meghalaya, Inde, Anne Daladier

A comparer avec les chants de loŋ haj enregistrés en war amwi à Thangbuli en 2003 de woh De et avec ceux de Nongtalang, 2009, de Woh Akyi Myrsiang. Tous ces chants traditionnels de fertilité ont des emprunts pnars ou sont directement d'origine pnar comme : musʔjaŋ 'pierre des semences', l'Ancêtre de la terre fertile, célébrée par les pnars et les wars

 

 

a Récit: comment les gens de Padu ont décidé de faire alliance avec ceux de Nongtalang et d'avoir le même roi. Mawngap est proche de Padu où se sont associés des clans amwi et des clans de Nongtalang.

War de Mawngap, Meghalaya, Inde, 2009, Woh Oni, Anne Daladier

 

a La guerre entre les gens de Am Ngot et ceux de Am Tedie

War  de Mawngap, Meghalaya, Inde, woh Oni, 2009, Anne Daladier

Récit : la guerre entre les clans wars de la rivière Am ngot et les pnars de la rivière Amtadie (un de ses cours d'eau, aussi prononcé Am Leie). Ce récit reprend un conte traditionnel amwi sur une compétition entre ces deux rivières, ou plus exactement, les clans régulés par ces deux rivières, voir le récit de Soh Tariang à Thangbuli, 2003

 

 

3. War des environs de Syndai


3.a. War du district de Syndai

 

a Description d'une grande grotte, peuplée de chauve-souris

War Syndai de Syndai, 2000, Khmit Sing Pohplet, Anne Daladier

Description d'une grande grotte, peuplée de chauve-souris qui a rendu le locuteur de ce récit connu, parce que après la publication de son récit dans le journal de Shillong (capitale du Meghalaya) la grotte est maintenant visitée par les touristes. Influence pnar et amwi war dans cette variété de war qui a été sous l'influence de Muktapur (capitale du royaume pnar entre l'installation en Assam du royaume Tai Ahom et du royaume hindou et l'occupation britanique qui a détruit le royaume pnar et a installé la dominance politique khasi sur les territoires austro-asiatiques de ce qui est devenu ensuite l'état du Meghalaya.

 

 

3.b. War de Kwator et Satpator

a Vocabulaire des villages de Pesatwar et de Kwator et phrases comparées dans les dialectes wars : Kwator, Pesatwar et Kudeng .

War Syndai de Pesatwar et de Kwator, 2005, Anne Daladier

Les variétés de Kwator et de Pesatwar contiennent beaucoup d'éléments pnars, ce qui est dû à leur proximité de Muktapur

 

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40m01s
Trois personnes : séparation et retrouvailles d'une mère et de ses deux fils

01h14m39s
Deux frères orphelins

06m24s
Récit d'un mythe de fondation pour les wars et les pnars : Liʔ Dɔʔ Kha, Lɔʔ Rəndi 'dame chaire du poisson, sieur Rendi'

38m59s
Rythmes d'instruments traditionnels

19m46s
Description de plantes médicinales in situ

29m43s
Récit à scansion parlée-chantée d'un mythe de fondation pour les wars et les pnars : Liʔ Dɔʔ Kha, Lɔʔ Rəndi 'dame chaire du poisson, sieur Rendi'

8m17s
Fichier de lexique en tʒ puis tʃ

43m04s
Récit du long voyage à travers l'océan pour rencontrer la reine Larmati

42m47s
Khrishno et Rondika

30m09s
Conte traditionnel du chevreuil, des patates douces et du tigre

34m03s
Conte traditionnel : Bal avec les ancêtres à l'intérieur du ciel

47m31s
Récit traditionnel : Suɲ, Irmaj, Hɛrmɔn, les trois soeurs ancêtres

40m38s
Conte traditionnel : Les filles et petite filles de Liʔ Dɔʔ Kha

29m35s
La biche en or : Conte traditionnel d'une revanche du destin

18m39s
Lexique en war Nongbareh

5m28s
Explications sur le mariage clanique et les augures donnés par les ancêtres selon le rituel de divination de l'œuf

17m47s
Musique mɛrkeːu (jewish harp en bambou) et Chants traditionnels loŋ haj de récoltes de millet

12m25s
Compétition entre les deux rivières Am Ngot et Am Tedie

34m57s
Récit du Bahilon

28m02s
a) La démone insatiable et monsieur Ləʔ Suivi de b) Le chacal et le tigre

32m50s
2 contes de Marlyda Pohleng : a) Une femme et son fils Sem le paresseux b) la tortue et le chacal. Conte de Fancy Pohleng : Le marché des animaux Suivi d'un conte d...

49m13s
Plantes et pratiques médicinales par un guérisseur

30m25s
Plantes et pratiques médicinales par une guérisseuse

6m35s
Rituel de séparation après la mort d’un conjoint pour le survivant

01m35s
Rituel de séparation après la mort d’un conjoint pour le survivant

0h7m43s
Description d'une grande grotte, peuplée de chauve-souris

1h21m43s
Vocabulaire des villages de Pesatwar et de Kwator et phrases comparées dans les dialectes wars : Kwator, Pesatwar et Kudeng.

0h07m28s
Récit: comment les gens de Padu ont décidé de faire alliance avec ceux de Nongtalang et d'avoir le même roi. Mawngap est proche de Padu où se sont associés des clans amwi et des clans de Nongtalang.

0h13m48s
Klao Bemon

0h17m02s
Ancêtre Tam

0h7m54s
Liste de vocabulaire en war de Nongbareh : nombres, pronoms

0h6m22s
Explications sur le rituel de crémation

0h43m13s
Explications sur le peuplement et les alliances des clans pnars et wars ; rituel à l’ancêtre des rivières pour avoir la pluie

1h20m39s
Conte parlé-chanté de Ancêtre Pohlong pendant la veillée qui précède la réunification des os dans le caveau Pohlong à Lamin

0h17m34s
Prières dans la maison et sur sa plateforme après avoir réuni les os du disparu avec ceux de l’ancêtre

1h07m34s
Récit parlé-chanté à l'ancêtre Tam pendant la veillée qui précède la réunification des os du disparu avec ceux du clan Pohtam de Nongbareh

0h47m53s
Suite du récit parlé-chanté à l'ancêtre Tam

0h35m43s
Prières dans la maison après la réunification des os à l'ancêtre (Poh)tam

0h16m54s
Chants et récits traditionnels de récolte (pawar loŋ haj)

0h23m36s
Récit traditionnel sur la création du monde : Quand le monde était dans la nuit

27m58s
Le chacal et l'oiseau piangmai suivi des Deux sœurs et la jalousie de l'aînée

12m22s
La pierre ancestrale des Buam en forme de tigre

1h00m51s
Larsəndriaŋ

36m59s
Kompani Maharani 'La Compagnie des Indes'

1h15m03s
1) Explications sur la religion des ancêtres 2) Conte traditionnel : Quand la terre était dans le noir 3) Première partie du conte de l'ogresse et 4) Début raté de la Biche en or

42m57s
Deuxième partie du conte de l'ogresse

35m11s
Rituel pour la guérison d'une fillette gravement malade en oblation à Rɔntʃəndi

23m14s
La religion des Ancêtre

1m32s
Loŋ Haj chants de fertilité pour les récoltes