Fiche technique sur le mahorais a

 

 

Présentation

L'île de Mayotte (Maore), située à l'extrémité méridionale de l'archipel des Comores, à quelque 300 km de Madagascar et environ 70 km d'Anjouan, comprend la Grande Terre séparée par un bras de mer de 4 km de la Petite Terre et du rocher de Dzaoudzi.
La superficie globale de Mayotte est de 374 km2 et sa population estimée à 150 000 habitants.
La présence française, pendant la première période de la colonisation (1843-1975) s'est surtout fait sentir sur le rocher de Dzaoudzi, capitale des Comores jusqu'en 1966.
Tandis que les trois autres îles – Grande-Comore (Ngazidja), Anjouan (Ndzuani) et Mohéli (Mwali) – accédaient à l'indépendance en 1975, Mayotte reste jusqu'à ce jour dépendance française. Les raisons de cette différence de choix sont d'ordre politique. Des deux points de vue, culturel et linguistique, Mayotte appartient à l'ensemble comorien.
Il y a de plus à Mayotte deux communautés linguistiques distinctes : l'une, majoritaire, parle le maore, parler ressortissant au groupe linguistique bantu, l'autre, dans une vingtaine de villages éparpillés dans l'île, parle un dialecte malgache. Les malgachophones parlent mahorais mais la réciproque n'est pas vraie. Deux langues mais une culture unique, caractérisée entre autres par l'Islam.

Ce parler de Mayotte est une langue bantu au même titre que le ngazidja de Grande Comore et il ne faut surtout pas le confondre avec un autre parler de Mayotte, minoritaire, qui est un dialecte malgache et qui relève donc, lui, des langues austronésiennes. (Ces deux parlers appartiennent à deux familles linguistiques différentes, mais les habitants de Mayotte, qu'ils parlent l'une ou l'autre langue, ont tous la même culture dominée par l'Islam).

Le maore présente des différences sensibles par rapport au ngazidja et au mwali (parlers des deux îles les plus septentrionales de l'archipel des Comores) et s'apparente nettement plus au parler de l'île voisine d'Anjouan (le nzuani).

Référence

ROMBI Marie-Françoise, 1983, Le shimaore (île de Mayotte, Comores). Première approche d'un parler de la langue comorienne, Paris, Peeters-Sefaf.

Textes enregistrés up

 

Ressources :

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a L'homme et sa femme en bois
Comores, Mayotte, Mtsapere (Grande Terre), 1978, conteur anonyme, Marie-Françoise Rombi

Le conte a été recueilli à Mayotte en 1978. Il a été collecté en milieu urbanisé, à Mutsapere, faubourg de Mamudzu (en réalité Momoju) ville principale, en 1978, de la Grande Terre.
Le conteur est un homme d'une cinquantaine d'années, non francophone, n'ayant pas voyagé en dehors des Comores.
Le conte a été choisi pour deux raisons : le thème abordé et la partie chantée.
Le thème du conte, celui de l'arbre ou du bâton changé en femme, est très populaire aux Comores.

La langue utilisée par le conteur est un mahorais courant qui ne posait pas de problèmes de compréhension, en 1978, à la jeune génération.
La partie chantée montre que l'étude de la littérature orale apporte des éléments très importants et permet, avec prudence certes, d'ébaucher des hypothèses sur les mouvements de populations dans la région.
En effet, cette partie chantée m'a été présentée par le conteur comme provenant de la langue des ancêtres d'Afrique. Il s'est avéré ultérieurement qu'il s'agit de makua du Mozambique.

a Trois pauvres, deux tyrans, deux princesses
Comores, Mayotte, Mtsapere (Grande Terre), 1978, Darvesh Soihili, Marie-Françoise Rombi

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28m58s
Trois pauvres, deux tyrans, deux princesses

10m05s
L'homme et sa femme en bois